Champlain's Dream est le dernier livre de l'historien David Hackett Fischer, professeur de l'Université de Brandeis. Son livre, publié en anglais l'an dernier et dont la traduction française est prévue pour l'an prochain, est en quelque sorte une Biographie historique de Samuel de Champlain, fondateur de Québec.
Monsieur David Hackett Fischer ne parle peut-être pas français, mais il a un charisme et un charme indéniable. Il démontre un grand intérêt aux opinions de ses collègues et demeure ouvert aux critiques. Il répond alors dans un calme parfait en y ajoutant même quelques petites blagues pour faire sourire l’auditoire. De plus, il s’intéresse même aux étudiants et aimerait beaucoup entendre leurs opinions et leurs intérêts. Il m’apparait alors comme un homme sage qui cherche à s’intéresser aux autres, pour mieux comprendre les nouveaux enjeux de la société. Je ne croyais pas lui écrire avant de composer ce texte, mais je crois finalement que je lui ferai parvenir ce que j’aurai écrit ici.
Plusieurs thèmes m’ont intéressé lors de la conférence, l’un d’eux fut rapporté par Mme Deslandres. La question de l’intérêt d’une biographie historique m’a fort intéressé. Ce type d’ouvrage pourrait alors avoir plusieurs raisons d’être de plus en plus courants. Considérant qu’elle peut rejoindre un public plus large, elle rend accessible un intérêt plus grand envers la discipline historique. Tout comme monsieur Fischer le soulignait, il faut toutefois que la biographie soit réalisée comme une monographie, soit un travail plutôt acharné et complexe. Les historiens auraient alors fort à gagner de travailler sur un ouvrage d’un homme important de leur spécialisation. Ainsi, pour monsieur Fischer, Champlain représentait un homme illustre de cette époque coloniale, sa spécialité. Malgré la complexité et la démarche historique dans une biographie, il y a un aspect fort important à souligner et qui n’est pas à négliger. Cela concerne l’apport de la fiction dans une telle œuvre. Lors de la conférence, Fischer a d’ailleurs affirmé que dans Champlain’s Dream et d’autres de ses œuvres qu’il y avait une part de fiction. Dans le cas d’un ouvrage historique, est-ce que la fiction sera néfaste ou positive? Un homme tel que Samuel de Champlain pourrait ainsi causer un certain problème. Considérant ses silences en rapport à ses actes, il est difficile d’en arriver à un consensus, tout comme le fit remarquer les historiens qui commentèrent l’œuvre de Fischer. La spéculation joue alors un rôle important ce qui donne un sens positif à l’utilisation de la fiction. Et cette dernière est d’ailleurs fort utile dans le but de rechercher un public plus large, bien qu’en ce cas-ci il eût davantage été question de l’écriture plutôt littéraire de l’œuvre. C’est en ce sens que David Hackett Fischer souriait en mentionnant qu’un producteur d’Hollywood et une politicienne qualifièrent ses œuvres de romans ou d’œuvres littéraires. Bien malgré lui, ces commentaires ne reflètent plus l’idée d’écrire un ouvrage biographique à vocation historique. Les interrogations de cet historien sont toutes aussi fort intéressantes. Considérant le fait qu’il s’intéresse aux origines de cet homme pourrait en effet aider la cause de la biographie en tant qu’œuvre historique. Le passé ou même certains autres éléments de la vie d’un homme peuvent nous en apprendre beaucoup sur ses actes principaux, ce dont les historiens traitent davantage. Mais alors, est-ce que la biographie mérite d’être jugée, citée et utilisée au même titre que tout autre travail historique? Peut-elle servir d’ouvrage de référence? Selon les commentaires recueillis à la conférence, il semble en effet qu’elle ait une utilité, si on tient compte « des bémols », bien sûr.
Un autre thème intéressant de la Conférence a davantage attrait aux informations véhiculées dans Champlain’s Dream. Fischer perçoit le passé et les idées humanistes de Samuel de Champlain faisant de lui comme un véritable héros. Champlain est alors défini comme un être humain totalement différent des autres navigateurs et commandants de son époque. Ses relations riches et surtout amicales avec les peuples natifs de l’Amérique peuvent nous renseigner beaucoup sur l’homme. Champlain ne serait pas seulement considéré en tant qu’héros, mais aussi en tant qu’intellectuel humaniste ayant un respect envers les êtres humains. L’intellectuel se refléterait davantage dans ses réalisations et dans sa « prévoyance ». Fischer souligne aussi un autre fait qui rend Champlain différent des autres hommes de son époque : son apport à l’humanisme en Nouvelle-France et ses réalisations en tant que Gouverneur. La Nouvelle-France et l’humanisme dans cette colonie connurent grâce à lui un essor qui lui est particulier et dont nul autre n’a su réaliser quelque chose de semblable. C’est aussi pourquoi les origines de Champlain sont fort intéressantes. Bien que Fischer dût spéculer beaucoup sur celles-ci, il démontrait toutefois que Champlain avait un lien particulier avec Henry IV et quelques amis humanistes. C’est grâce à ces amis que deux Montagnais furent éduqués et aidèrent le grand navigateur à communiquer avec les Amérindiens en Nouvelle-France.
